BAIGNADE URBAINE, UN ESPACE PUBLIC À RECONQUÉRIR

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Comme une plongée dans les abysses… Populaire aux XVIIIe et XIXe siècles, la baignade urbaine en fleuve ou en rivière a réémergé cet été 2025, en Ile-de-France, dans la foulée des Jeux olympiques et paralympiques de Paris.

Cet héritage matériel semble donner quelques idées à plusieurs villes françaises qui, sous l’effet du réchauffement climatique, étudient la question dans le but de proposer des ilots de fraîcheur à leurs habitants. La baignade urbaine constitue ainsi une nouvelle étape au sein de cités inscrites dans un mouvement progressif de réappropriation et de reconquête de leur fleuve. Le plus souvent sous l’impulsion des habitants mais non sans difficultés, qu’elles soient techniques, autour du sujet de dépollution des eaux, ou réglementaires.

Avec au-delà des usages, des enjeux de renaturation bien définis, à la différence d’une intégration paysagère qui apparaît encore peu appréhendée aujourd’hui dans les métropoles françaises comparé à des villes européennes comme Copenhague (Danemark). Coup de projecteur sur une pratique qui renferme de nombreux enjeux en termes d’espace public.

« Dans trois ans, j’irai me baigner dans la Seine devant témoins pour montrer qu’elle est devenue un fleuve propre ».

Nous sommes le 28 novembre 1988. Invité de l’émission télévisée La marche du siècle, Jacques Chirac, alors maire de Paris, vient d’illustrer à ses dépens une autre de ses citations favorites : « les promesses n’engagent que ceux qui les croient »… Et pour cause, le défi ne sera finalement honoré que 36 ans plus tard par l’une de ses successeures, Anne Hidalgo, à la faveur d’une promesse olympique tenue, cette fois : celle d’y organiser les compétitions de nage libre et les épreuves de natation du triathlon dans la Seine, puis de laisser en héritage aux Franciliens plusieurs sites de baignade en eaux vives.

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– « , ̀ ́ », un dossier paru dans le numéro 153 septembre-octobre 2025.

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